Mercredi 19 juillet.
Aujourd'hui est notre dernier jour à Salzburg.
Au programme ce matin : visite du Festung Hohensalzburg (forteresse), petites emplettes souvenirs et passage au Stift Nonnberg, le couvent de la Mélodie du Bonheur.
L'orage a grondé durant la nuit et nous avons entendu de très grosses averses peu avant le lever du jour. Il fait tout gris et froid en sortant de la chambre, et nous décidons d'emmener les parapluies en ville.
Nous prenons le temps d'un bon petit déj, vidons la chambre et chargeons la voiture qui, grâce à la gentillesse de l'hôtel, pourra rester garée ici jusqu'à notre départ en début d'après-midi.
Au passage pour qui serait tenté(e) par l'expérience salzbourgeoise, le Vogelweiderhof Hotel est un très bon compromis pour deux jours. Il faut juste accepter d'être dans un quartier pas terrible (on est proche des concessions automobiles, le long d'une grande artère très passante), mais les chambres sont isolées du boulevard dans un bâtiment à part. La chambre était très correcte et la ligne de bus 21 vous amène en 12 mn en plein centre-ville.
À peine descendus du bus, les parapluies s'imposent. On espère une éclaircie en milieu de matinée...
Nous traversons les rues touristiques encore quasi désertes à 9:20 du matin.
Mais déjà, deux groupes - dont un de chinois - se pressent à l'entrée du Festungsbahn, le célèbre funiculaire qui permet d'accéder en quelques minutes à la forteresse.
La plage arrière de la cabine, où nous nous trouvons, nous procure une vue imprenable sur l'ascension, très raide !
Les premières terrasses du château offrent un panorama exceptionnel sur le sud-ouest de la ville. Nous avons un peu de mal à retrouver le Fürstenzimmer Tour C, qui ne sera plus accessible à partir de 11h.
Les premières pièces du tour nous ramènent quelques 500 ans en arrière, à la fin du moyen-âge où régnait sur Salzburg Leonard von Keutschach, qui fut élu archevêque en 1495.
On traverse successivement : le Salon d'Or, qui servait de salle de bal et de réception ; la Chambre d'Or, certainement la pièce la plus richement décorée de tout le château - avec un magnifique poêle en céramique comme moyen de chauffage - ; la Chambre à Coucher, dont on distingue les toilettes, rudimentaires mais bien présentes !
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| Le passage de la Chambre d'Or |
L'ensemble est superbe, à l'instar de ce ciel étoilé de toute beauté dans le Salon d'Or. Il témoigne de l'opulence de Leonard von Keutschach.
On en apprend davantage sur ce personnage quelque peu hors du commun, dans un petit audioguide exceptionnellement en français. Il aurait régné de 1495 à 1519. C'était un dirigeant efficace, qui a réformé les finances de l'archevêché, augmentant notamment la production de sel, des mines d'argent et d'or et en promouvant un commerce très profitable ! Il élargit les défenses de la ville, renforçant en particulier le château de Hohensalzburg que nous visitons.
Néanmoins, c'était également un personnage obnubilé par son pouvoir, pour lequel il combattit jusqu'à la fin de sa vie. L'audio-guide relate à ce titre un épisode repris plusieurs fois dans la visite : en 1481, l'empereur Frédéric III de Habsbourg avait accordé à ses citoyens le privilège d'élire leur propre conseil et maire, ce qui fut l'objet d'une lutte prolongée avec les archevêques au pouvoir. Leonard mit fin aux troubles par la ruse et la violence : il invita les représentants de la ville (maire et conseil municipal) à un banquet dans la forteresse, les enferma par surprise et les garda captifs 11 jours jusqu'à ce qu'ils cèdent officiellement leurs privilèges !
Détail cocasse : les armoiries de la famille von Keutschach comportaient un navet blanc sur champ noir !
La visite se poursuit par une exposition militaire sur le régiment Rainer, et notamment son activité durant la première guerre mondiale. Comme dans tous les musées traitant de ce conflit-boucherie, je reste subjugué par l'ingéniosité barbare déployée dans les armes exposées...
Nous passons ensuite dans une partie musée, présentant armures et armes de la fin du moyen-âge.
Également une très belle collection de pièces de monnaie en or, datant notamment de l'époque du roi Ludwig I. (1342-1482).
La visite de cette immense forteresse se termine par l'incontournable séance de photos panoramiques sur le balcon est, ainsi que l'ascension de la tour d'observation. Nous réalisons à ce moment que la foule a profité de notre tour intérieur pour envahir le château, et nous retrouvons sans grand plaisir les cohortes de touristes bien connus "d'en bas", armés de leurs perches à selfies.
La Bäckerei d'hier ne propose plus de sandwich tomate-mozza. Qu'à cela ne tienne : nous nous rabattons sur le Spar de la Mozart Geburtshaus, et sur le marché pour l'achat de quelques fruits.
Salzburg, c'est fini. Après une dernière photo sur la passerelle Mozart (Mozartsteg), notre indéfectible bus 21 nous ramène à l'hôtel, d'où nous reprenons la route.
Un dernier élan de curiosité nous amène au couvent Stift Nonnberg, qui fut semble-t-il le théâtre de certaines scènes de "The Sound of Music", notamment où la famille von Trapp se réfugie et parviendra finalement à fuir vers la Suisse, grâce à l'aide des sœurs.
Malheureusement, aucune visite n'est possible, ce qui nous convient vu que nous n'avons mis que 45 mn d'horodateur. À noter qu'en Autriche, on a jusqu'à présent quasiment jamais trouvé de places de parking libres comme en France : tout est payant !
À l'heure de quitter définitivement Salzburg, si je vous dis "Hangar-7", est-ce que cela vous parle ?
Red Bull peut-être ?
Ou bien Corsair ? P-38 Lightning ?? B-25 Mitchell ???
Eh oui ! Il se trouve que le fondateur de l'entreprise qui produit la fameuse boisson énergisante est un Autrichien de la région de Salzburg ! Il s'agit de Dietrich Mateschitz, qui y a fait construire une halle vitrée baptisée "Hangar-7" sur l'aéroport, afin d'y abriter sa collection personnelle d'avions militaires et de voltige, de "warbirds", d'hélicoptères et de voitures de sport !
Et franchement, ça vaut le détour !!
Dès l'entrée, je reste sans voix devant un magnifique moteur Pratt & Whitney R-2800 CB-3 Double Wasp, celui-même du Chance Vought F4-U Corsair exposé à côté : énorme !
Le reste du musée expose un grand nombre de Formule 1 et d'avion, notamment deux Alpha Jet, des avions de voltige (Extra 300 LX), un Boeing Stearman et des dizaines d'autres modèles.
La verrière est digne des meilleurs halls d'exposition, comme le Bourget, Washington Dulles ou Duxford, mais avec cette dimension unique que procure une sphère vitrée par rapport à des hangars couverts classiques.
C'est juste topissime !
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| "Ouiii !! L'hélicoptère d'Abba !!" |
Au sortir de l'univers Red Bull, nous attaquons définitivement la route vers le Tyrol et Kitzbühel (75 km).
Une portion de route est barrée et nous rallonge d'une douzaine de kilomètres.
La route se fait sans encombres, même si les incessants changements de limitation de vitesse deviennent rapidement pénibles. Et il faut être vigilant, car la maréchaussée locale veille au bout de ses jumelles (sans compter les nombreux radars, qui, eux, n'ont pas connu les gilets jaunes !)
Finalement nous atteignons Kitzbühel un peu avant 18h.
La toute dernière partie du parcours (6 kilomètres entre Kitzbühel-centre et la location) jette une belle douche froide sur nos attentes. Les trois derniers kilomètres sont en effet une portion où deux véhicules moyens ne peuvent se croiser que sur les refuges de dégagement, ceux-ci étant bien rares ! La pente est très raide, la route, bien que récemment ré-asphaltée, extrêmement sinueuse. Dans la forêt, on a le choix sur certaines portions entre un super fossé côté montagne - de ceux dont on ne sort pas si on engage la roue dedans - et le vide côté précipice. Les deux voitures que nous venons de croiser, (on se demande encore comment ?!) ne laissent aucun doute sur le fait que cette route d'accès sera notre problème du séjour...
Le chalet se trouve à mi-pente, environ 1 050 m d'altitude, au milieu d'une prairie d'herbe rase. C'est magnifique, ça sent la vache - j'adore ! - : on se croirait dans Heidi !!
Monika la propriétaire, nous attendait et nous accueille avec un grand sourire. Rapidement, nous prenons connaissance des lieux et des consignes pour le séjour.
Nous occuperons la partie 1er étage du chalet, les propriétaires logeant juste en-dessous.
D'une superficie impressionnante, l'intérieur est tout neuf. Tout respire la construction solide de montagne, boiseries, carrelages : tout est nickel ! De merveilleux détails sont disposés à notre attention ici et là, comme ces fleurs fraîches et sirop de rose gentiment déposés sur la table, ou cette corbeille de pomme garnies de petits chocolats. Cela nous rappelle l'accueil Gîtes de France dans les années 70-80 ;-) Nous allons être logés comme des coqs en pâte et à part les vaches, ce ne sont pas les voisins qui devraient beaucoup nous déranger.
Malgré tout, nous tâchons de redescendre rapidement - et un peu fébrilement il faut le reconnaître - pour rejoindre le Spar de Kirchberg avant qu'il ne ferme (car le frigo est vide, y compris pour ce soir !)
Les courses terminées et la portion de la mort repassée, nous tentons enfin d'essayer de décompresser un peu. Résolution est prise, pour une fois : nous dormirons un peu demain matin ! Nous commandons à notre hôte des petits pains locaux pour 7:00 demain matin.
La semaine s'annonce merveilleuse, même si pour l'heure de gros nuages restent accrochés aux sommets qui nous environnent. Gute Nacht!
Demain matin, nous essayerons de me trouver des chaussures légères de marche pour remplacer mes Salomon en fin de vie.
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| Une délicate attention à notre arrivée :-) |



























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