Dimanche 23 juillet.
Nous le savons, cette journée devrait être la seule véritablement ensoleillée du reste de notre séjour. Nous avons donc décidé d'en profiter un maximum !
Au programme : l'ascension du Hahnenkamm, la Crête de coq en allemand. Nous verrons ensuite pour continuer éventuellement sur le plateau. Le guide de la station propose en effet plusieurs circuits, mais évidemment tous en partant du haut du Hahnenkammbahn, le téléphérique principal de Kitzbühel, à 35 euros l'aller simple par personne !
C'est ridicule, et nous sommes là pour randonner, donc nous irons là-haut à pied ! C'est d'ailleurs ce que nous avons répondu hier soir à notre hôte Monika, qui proposait de nous avancer en voiture !
Notre parcours est censé passer par les lacs de Seidlalmsee, puis remonter par la piste Streif jusqu'à son point de départ.
En partant, nous savions qu'un dimanche, qui plus est ensoleillé comme aujourd'hui, nous ne serions certainement pas seuls en haut. Nous n'avons pas été déçus sur ce point...
Après le traditionnel petit déjeuner autrichien, la balade commence un peu après 9:00.
Le soleil et le grand ciel bleu "nous mettent en appétit" et c'est d'un pas presque joyeux que nous gravissons les 200 premiers mètres au-dessus du chalet dans la forêt, d'autant plus "facilement" que nous avons déjà emprunté ce chemin par deux fois les jours précédents.
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| La vue qui nous avait décidé à choisir ce chalet dans Booking.com ;-) |
C'est curieux comme on a l'impression de marcher plus sereinement quand on connaît !
La montée ne présente vraiment aucune difficulté, et nous atteignons le premier lac en un peu plus d'une heure.
De nombreuses petites libellules bleues nous accompagnent : pas facile de les "capturer" avec un téléphone portable, qui n'est pas vraiment fait pour la macro ni les déclenchements instantanés !
Les photos de lacs de montagnes sont généralement belles. Les reflets donnent une dimension extraordinaire au paysage, et quand le ciel est clair, ce sont mille et une nuances de bleu qui viennent magnifier les clichés !
Nous restons là un moment, à contempler ce miroir magique.
En descendant vers le petit lac inférieur, nous croisons des personnes en train de remplir des seaux de myrtilles, utilisant même des peignes ! Visiblement, nos scrupules d'hier pourraient être infondés...
Quelques centaines de mètres plus loin, la pente prend une inclinaison nettement plus forte. Comme dans la plupart des situations où j'essaye d'en donner une idée, la photo ne rend pas grand chose, mais je peux vous assurer que c'est très raide !
De fait, j'apprendrai quelques instants plus tard que nous sommes sur LA piste, l'emblématique "Streif", dont la simple évocation remplit d'effroi, et qui a fait trembler des générations de descendeurs depuis les années 30.
Nous ne cesserons désormais de la gravir jusqu'au sommet, où se trouve le portillon de départ.
Wikipedia regorge de détails sur ce tracé inimaginable. "Mausefalle", "Steilhang", "Gschöss", autant de noms barbares pour décrire des portions de la piste, qui à chaque fois qu'on les traverse, font froid dans le dos !
Nous arrivons au pied de Steilhang, littéralement "la pente raide". C'est simple : c'est un mur. On voit des échafaudages métalliques sur le bord, pour le public ou le staff d'organisation ?
Pour qui connaît la Noire de Chamossière aux Gets, la pente est la même. Sauf que là les coureurs l'abordent en pleine recherche de vitesse !! Terrifiant.
La suite de l'ascension nous amène ensuite au pied de la Mausefalle (la "souricière" en allemand). Là encore, on ne peut que rester figé devant la déclivité de cette section.
Pour reprendre une référence des Alpes franco-suisses, cela fait penser au début du Pas de Chavanette, d'où l'on plonge littéralement en Suisse depuis Avoriaz. Arrivés sur la porte elle-même, les mesures indiquées sont juste effroyables : pente 85%, longueur du saut 80 m !!
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| Le saut de la Mausefalle : une dinguerie |
Quand on pense que les descendeurs y sont projetés à déjà plus de 100 km/h, les superlatifs ne suffisent plus pour décrire les impressions devant cette pente vertigineuse... Surtout quand on est skieur soi-même et qu'on est déjà allé titiller les 100 km/h et plus...
La fin de l'ascension est à l'image de la pente elle-même : difficile !
Depuis pas mal de temps déjà, nous croisons des touristes en baskets à la descente. Mais c'est bien sûr ! C'est l'une des "fameuses" balades proposées par le mini-guide KitzSki distribué partout : tu mets tes fesses dans la benne, et tu redescends les 860 mètres à pied jusqu'à la station. Passionnant.
Arrivés au niveau de la HocheckHütte, nous comprenons que la montagne, la vraie, c'est fini.
Le comble de la fainéantise est atteint lorsque nous constatons qu'à la sortie du téléphérique, des personnes prennent un... tapis roulant !... pour atteindre la cabane de départ, moins de 100 m plus loin. Consternant ! On n'est plus très éloigné de WALL-E...
Un peu en dessous de la station se trouve une aire de décollage de parapentes. Nous passons quelques minutes à regarder deux départs. L'un d'eux met au moins ¼ d'heure à démêler ses suspentes : drôlement rassurant !
Nous terminons la première partie de cette journée à la cabane de départ, c'est-à-dire l'endroit où généralement, "tu ne vis plus pendant les 5 minutes qui précèdent ton arrivée dans le portillon".
Aujourd'hui, en plein cœur de l'été, les gens s'y pressent pour s'y faire photographier, imaginant un instant les coureurs se jeter dans la gueule de cet ogre qui ne demande qu'à les manger tout cru. Allez lire l'article du Monde du 24 janvier 2014 pour vous faire une petite idée...
Le trailer de "STREIF: One Hell of a Ride", le film, donne aussi une belle image de la légende.
Après le pique-nique sur le banc principal de la cabane de départ, étrangement désert car idéalement placé à l'ombre, nous repartons sur le plateau, un peu à l'aventure il est vrai tant les possibilités là-haut sont nombreuses.
Nous sommes au cœur des pistes, là où de nombreuses remontées mécaniques convergent.
Côté ambiance, comment expliquer ? Les personnes croisées ont beau, pour certaines, porter sacs à dos (légers) et chaussures de montagne (légères), on ne se sent pas vraiment en montagne, plutôt dans un grand parc que les gens viennent fréquenter tranquillement un dimanche après-midi ensoleillé. On est très loin de l'alpinisme...
De nombreuses attractions attirent familles et enfants : ponts de singe, toboggans, trampolines... un parc public vous dis-je.
Côté VTT, on croise encore quelques "vrais" X-country, ainsi que quelques descendeurs. Ceux-ci, à l'instar de ce que l'on peut pratiquer aux Gets l'été par exemple, prennent les remontées mécaniques pour rejoindre les pistes aménagées.
Et puis il y a tous ces gens qui s'imaginent "faire du sport" avec leurs monstres électriques, pour certains bardés de tenues que ne renieraient pas des cyclistes professionnels, avec néanmoins généralement des détails qui ne trompent pas : le casque posé sur le guidon au lieu de sur la tête, une dégaine s'apparentant davantage au type canapé/ bière qu'au marathonien, et ce sourire satisfait de celui ou celle qui se laisse tracter en moulinant tranquillement et qui double béatement ceux qui "en ch*ent" réellement... pitoyable. Le lecteur aura compris que je suis toujours aussi fan de e-bike.
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| Abeille se dit "Biene" en allemand |
Comme le soleil continue d'illuminer la montagne, tout ceci garde quand même un caractère de bonheur général : on sent que les gens sont heureux.
Les options de balade étant donc très nombreuses, nous marchons "jusqu'à ce que l'envie nous prenne de faire demi-tour". Un peu plus haut, un hôtel défigure un peu le paysage et nous rappelle que la civilisation n'est pas loin. Quelques buvettes et restaurants d'altitude émaillent aussi notre parcours.
Nous atteignons un autre petit lac, bordé de curieuses petites fleurs orange, avec une table s'orientation d'où nous reconnaissons notre chalet.
Photo sur le banc. Nous sommes... bien :-)
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| Le panorama est assez époustouflant |
Un peu plus haut, après nous être égarés sur un chemin artificiel en cailloux blancs qui ne menait nulle part, nous nous retrouvons sur une piste aménagée de downhill VTT. Je me fais copieusement enguirlander par ma fille qui me dit que c'est très dangereux de se retrouver là-dessus. Elle a raison.
Néanmoins, nous découvrons quelques dizaines de mètres plus loin que cette piste est en construction.
Nous redescendons et rejoignons Hahnenkamm par un chemin latéral, moins fréquenté. Une vachette me cherche des noises lorsque je m'approche d'elle et je me retrouve le temps d'un instant comme dans Intervilles !
Le parcours est semé de sculptures d'animaux, de "chaises longues" en bois et d'attractions pour enfants.
Il y a des tables d'orientation tous les 200 m. On est vraiment dans un coin archi-touristique.
Le temps de repasser faire une ou deux photos au portillon de départ (la foule a disparu), et nous entamons la redescente, nettement plus raide évidemment puisqu'on retrouve la Streif.
La compression et le saut de la porte "Alte Schneise" me remplissent à nouveau d'effroi. Le panneau dit "Le pire endroit - Changement rapide de terrain et de lumière". De fait, le skieur est propulsé dans un trou en dévers, dont on ne sait comment sortir sans aller finir à plus de 100 km/h dans la végétation et les sapins en bas à droite. C'est totalement dingue.
On dit de la Streif que le départ est effrayant, que le milieu est une sorte de (faux) répit sur lequel on se demande comment on n'est pas déjà mort, et que la fin jusqu'à l'arrivée vous fait retomber dans des difficultés encore plus terrifiantes.
La fin de la balade nous ramène à la buvette Seidlalm, où Blandine se paye un "Tirola Kola", sorte de Coca local. Nous sommes cuits dans tous les sens du terme. Peu après la cabane, quelques gouttes commencent à poindre.
Déjà depuis une heure le ciel s'était rempli de nuages.
Ceux-ci deviennent désormais très menaçants et nous pressons ostensiblement le pas, pressentant les trombes d'eau imminentes.
J'arrive à la location avec quelques centaines de mètres d'avance, alors que les filles essuient la première averse en courant.
Cinq minutes plus tard, c'est le déluge !!
Au bilan, encore une merveilleuse journée au grand air, avec la découverte de cette piste mythique qu'est la Streif. Soyons honnête : autant nous connaissions le nom "Kitzbühel" comme un lieu légendaire du ski alpin, autant ni moi ni encore moins les filles n'aurions pu nommer cette piste et la charge symbolique et émotionnelle qui s'y rattache. C'est une découverte bien exaltante, surtout lorsque, comme moi, on est fan de ski et de vitesse !
Le soir, les myrtilles font un merveilleux dessert !








































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